Principe de précaution et responsabilité

« Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre »

JONAS, H., Le principe responsabilité, 1979.

Pensez-vous qu’il est juste de dire que nous vivons dans un monde complexe, volatile, incertain et ambiguë ?

VUCA : Volatility, Uncertainty, Complexity, Ambiguity est un acronyme né dans le monde militaire. La volatilité fait référence à des situations pouvant évoluer de manière rapide, l’incertitude à ce que l’on ne peut prévoir. La complexité se traduit par les interactions croissantes. L’ambiguïté désigne alors la difficulté à ne pas se tromper.

Pensez-vous alors que nous devons intégrer dans nos prises de décision un principe de précaution ?

Le principe de précaution a été introduit en droit français par la loi Barnier du 2 février 1995 sur le renforcement de la protection de l’environnement. « L’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économique acceptable ».

En 1998, dans l’affaire de la vache folle , la Cour de justice des Communautés européennes a débouté le gouvernement britannique qui contestait l’embargo pris en mars 1996 en indiquant qu’« il doit être admis que, lorsque des incertitudes subsistent quant à l’existence ou à la portée de risques pour la santé des personnes, les institutions peuvent prendre des mesures de protection sans avoir à attendre que la réalité et la gravité de ces risques soient pleinement démontrées ».

Le principe de précaution ne justifie pas une décision arbitraire, guidée par une peur panique. Il s’agit de tenir compte des données disponibles mais aussi de l’incertitude. Le pire scénario est à prendre en compte. La potentielle irréversibilité de nos actes justifie sans doute, en certaines circonstances, un principe de précaution adopté de façon raisonnée et rationnelle.  Il ne s’agit pas non plus de verser dans l’immobilisme et/ou de créer des effets plus néfastes encore que la situation que l’on cherche à éviter.

Et enfin pensez-vous que chacun de nous a une responsabilité vis-à-vis d’autrui, et de l’avenir de l’humanité ?

En quittant l’enfance nous devenons responsables de nous-même, de nos enfants, parfois de nos parents. Nous devenons responsables de nos actes vis-à-vis d’autrui au regard de la loi.Cette responsabilité de prendre soin de nous et des autres reste cependant un choix. Nous avons le souci d’être en bonne santé et heureux, pour nous même, et pour les êtres que nous aimons.Certains choisissent d’étendre ce principe de responsabilité à ceux qui ne font pas partie de leur sphère affective directe en aidant des personnes qui en ont besoin.

Hans Jonas pose le constat que « nous sommes en danger permanent d’autodestruction collective».

Certains choisissent alors d’être aussi responsable pour l’ensemble des êtres humains et même les générations à venir.

Sans céder à la panique, parfois, l’application d’un principe de précaution peut révéler notre souci de nous-même, des autres, notre responsabilité vis-à-vis de l’humanité.

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